+
From: "Clare O'Farrell" <panoptique@xxxxxxxxxxxxxx>
+
Date: Wed, 22 Jun 2005 09:42:23 +1000
Marcio
Thanks for sending in these interesting discussion points!
Just very briefly to throw some more ideas into the ring. In my view,
although Foucault is not terribly clear on the episteme in The Order
of Things and his definitions fluctuate somewhat, I would argue that
the episteme is not equivalent to the historical a priori.
The historical a priori is a general concept describing a particular
historical configuration of knowledge in a particular epoch and
culture. The episteme is actually a subset of this, as it applies to
scientific forms of knowledge only. The archive is another concept
again as it designates the collection of all material traces left
behind by a particular historical period and culture. In examining
these traces one can deduce the historical a priori of the period and
then if one is looking at science, one can deduce the episteme of the
period. None of these concepts has predictive value - they are all
descriptions of limited historical orders.
Foucault in the text you cited is careful to point out that he is
talking about historical patterns of order not eternal transcendental
ones.
Beatrice Han:
"Moreover, while Foucault employed them in an interchangeable manner
in The Order of Things, the historical a priori and the épistémès
are defined separately in The Archaeology of Knowledge, but without
the relationship between the two being clearly articulated. Equally,
although the notion of the "statement" (énoncé), Foucault´s
principal innovation in this te! xt, intervenes in the redefinition
of the historical a priori, it is totally absent from the
description of the épistémè. Finally, the author adds a new one to
his two old concepts - the "archive", which he does connect to the
historical a priori, but not to the épistémè. Should we still
understand these last two notions as being identical? If not, what
are their meanings, are they complementary or redundant? And what is
the benefit of the intro! duction of the two new terms - the
"discursive formation" and the "archive"?" (p. 60)
(...)
"However, despite Foucault´s methodolocial efforts, neither does The
Archaeology of Knowledge succeed in giving a coherent response to
the question of the conditions of the possibility of knowledge. The
new concepts that it introduces (the "discursive formation" and the
"archive"), besides being often incoherently defined, shed no light
on their predecessors." (Foucault´s Critical Project, p. 68).
Foucault (in 1966):
-On retrouve, dans le sous-titre que vous avez donné au livre, ce
mot d'«archéologie» qui figurait ! déjà en sous-titre à Naissance de
la clinique, et qui apparaissait déjà dans la préface de l'Histoire
de la folie.
-Par archéologie, je voudrais désigner non pas exactement une
discipline, mais un domaine de recherche, qui serait le suivant.
Dans une société, les connaissances, les idées philosophiques, les
opinions de tous les jours, mais aussi les institutions, les
pratiques commerciales et policières, les moeurs, tout renvoie à un
certain savoir implicite propre à cette société. Ce savoir est
profondément différent des connaissances que l'on peut trouver dans
les livres scientifiques, les théories philosophiques, les
justifications religieuses, mais c'est lui qui rend possible à un
moment donné l'apparition d'une théorie, d'une opinion, d'une
pratique. Ainsi, pour que s'ouvrent à la fin du XVIIe siècle les
grands centres d'internement dans toute l'Europe,! il a fallu un
certain savoir de la folie opposée à la non-folie, de l'ordre et du
désordre, et c'est ce savoir-là que j'ai voulu interroger, comme
condition de possibilité des connaissances, des institutions et des
pratiques.
Ce style de recherche a pour moi l'intérêt suivant: il permet
d'éviter tout problème d'antériorité de la théorie par rapport à la
pratique, et inversement. Je traite en fait sur le même plan, et
selon leurs isomorphismes, les pratiques, les institutions et les
théories, et je cherche le savoir commun qui les a rendues
possibles, la couche du savoir constituant et historique. Plutôt que
de chercher à expliquer ce savoir du point de vue du
practico-inerte, je cherche à formuler une analyse de ce qu'on
pourrait appeler le «théorico-actif».
-Vous vous trouvez! donc affronté à un double problème d'histoire et
de formalisation,
-Toutes ces pratiques, donc, ces institutions, ces théories, je les
prends au niveau des traces, c'est-à-dire presque toujours des
traces verbales. L'ensemble de ces traces constitue une sorte de
domaine considéré comme homogène: on ne fait a priori entre les
traces aucune différence, et le problème est de trouver entre ces
traces d'ordre différent suffisamment de traits communs pour
constituer ce que les logiciens appellent des classes, les
esthéticiens, des formes, les gens des sciences humaines, des
structures, et qui sont l'invariant commun à un certain nombre de
ces traces.
-Comment se posent à vous les problèmes du choix ou du non-choix?
-Je vous répondrai qu'en fait il ne doit pas! y avoir de choix
privilégié. Il faut pouvoir tout lire, connaître toutes les
institutions et toutes les pratiques. Aucune des valeurs reconnues
traditionnellement dans l'histoire des idées et de la philosophie ne
doit être acceptée comme telle. On a affaire à un champ qui ignorera
les différences, les importances traditionnelles. Ce qui fait qu'on
traitera dans la même foulée Don Quichotte, Descartes et un décret
sur la création des maisons d'internement par Pomponne de Bellièvre.
On s'apercevra également que les grammairiens du XVIIIe siècle ont
autant d' «importance» que les philosophes reconnus à la même époque.
-C'est en ce sens que vous dites, par exemple, que Cuvier et Ricardo
vous ont autant ou plus appris que Kant et Hegel. Mais c'est alors
la question de l'information qui se fait pressante: comment tout
lire?
-On peut lire tous les grammairiens, tous les économistes. Pour
Naissance de la clinique, j'ai lu, pour la période 1780-1820, tout
ouvrage de médecine qui avait une importance de méthode. Les choix
qu'on peut faire, ils sont inavouables, et ne doivent pas exister.
On devrait tout lire, tout étudier. Autrement dit, il faut avoir à
sa disposition l'archive générale d'une époque à un moment donné. Et
l'archéologie est, au sens strict, la science de cette archive.
(Dits et Écrits I (1994), p. 498-499)
Can anyone comment about this "new concept" of "archive", in AK, or
this "old" concept stated in 1966? Are the two concepts the same, or
two different concepts?
Is the "archive" an "new" or "old" concept? Is it created to decide
"old" archaeological problems, or is an "old" (but few times stated)
concept cohexistent with others, like "épistémè", or "historical a
priori"?
regards,
Marcio
__________________________________________________
Converse com seus amigos em tempo real com o Yahoo! Messenger
http://br.download.yahoo.com/messenger/
_______________________________________________
Foucault-L mailing list
--
Clare
************************************************
Clare O'Farrell
email: panoptique@xxxxxxxxxxxxxx
website:
http://www.foucault.qut.edu.au
************************************************